#payetonsourire

Aujourd’hui, je décide d’ouvrir ma bouche.

Aujourd’hui, je décide de sourire.

«Ferme ta bouche au lieu de parler, c’est bien mieux comme ça.».

En plein milieu d’un repas «Est-ce que tu mords quand tu suces ?».

Des moqueries, des noms en tout genre pour désigner ce défaut physique qui me pourrissait la vie.

«Lapin, hamster, que t’es laide, moche, immonde…». On m’utilisait comme gage lorsqu’on perdait à un pari, suivi d’humiliations pour me faire comprendre que je suis clairement moche aux yeux de tout le monde. Ça fait rire, visiblement.

Quand cela concerne votre propre santé, je doute fort que fassiez la fine bouche.

Je rentre à peine dans l’adolescence, je suis très complexée. Je manque énormément de confiance en moi, d’assurance et je souhaite simplement être acceptée parmi la foule.

J’ai un défaut physique que beaucoup de jeunes ont avant d’être pris en charge : une mauvaise dentition. En soi c’est un soin facilement accessible pour les mineurs, malgré que cela nécessite du temps et de la patience. Pas facile en cette période où nous sommes facilement attaqués sur notre apparence.

J’ose rarement sourire sur les photos, rire à plein poumons.

J’ai peur… Peur du regard des autres, peur de mon reflet dans le miroir, peur d’être simplement comme je suis. On se moque de moi comme si j’étais un monstre, une «chose» qu’on ne devrait pas approcher. Je ne suis pas Amandine, on me résume seulement à cette partie de mon visage. Je préfère rester invisible et agir en retrait, par le silence.

Mes parents ont trouvé un chirurgien-dentiste spécialisé dans l’orthodontie dans notre ville. Nous étions contents puisqu’il était situé à quelques minutes de chez nous. Facile et pratique, c’était idéal pour tout le monde. Ça les évitait de m’accompagner à chaque séance.

Les premiers rendez-vous se déroulent plutôt bien, mais l’ambiance me rend mal à l’aise.

J’ai toujours été hypersensible. Je me fie énormément à mes émotions, ce qui était également le cas à cet âge. En plus de mes nombreux complexes et ce manque d’estime, je m’exprimais peu. Un certain mécanisme de protection, sans doute. Je me suis renfermée dans une bulle, un «personnage» qui ne me ressemblait pas. Avec le recul, j’avais l’impression d’être une plante verte. Elle ne bouge pas, elle reste sage, elle ne dérange personne. Et si on ne lui donne pas de l’eau, elle se meurt.

J’étais tiraillée par deux énergies complètement différentes. Mon instinct et ma raison.

Voici ce que je ressentais :

Les premiers rendez-vous se déroulent plutôt bien, mais l’ambiance me rend mal à l’aise.

J’arrive et je vois un professionnel, assez âgé avec de l’expérience. C’est un homme froid, distant, qui semble méthodique. Il nous explique les différents traitements possibles, les appareils, comment nous les adaptons… mais cela reste factuel. Je reste sceptique mais un peu soulagée de voir l’innovation loin des clichés que j’avais en tête.

Une première remarque arrive : «De toute façon, elle n’aura jamais une dentition parfaite».

(Mes souvenirs sont très flous. Les extraits d’article du bas démontrent les faits avec plus d’objectivité et de précisions.) Il nous explique par A + B le pourquoi du comment, étant donné que mes dents sont grandes par rapport à ma mâchoire.

On passe bien sûr à la question de l’argent rapidement abordée : mes parents effectuent un devis pour le premier traitement. (Je n’ai plus aucune idée de l’argent déboursé pour l’ensemble des traitements)

J’ai commencé à développer l’évitement. J’agissais dans l’instant T, dans mon mal-être.

J’évitais de plus en plus les rendez-vous. Je n’arrivais pas à déterminer exactement le pourquoi du comment. Mais je finissais par retenir une chose : j’étais terriblement mal à l’aise.

Vous allez me dire : Est-ce que ça suffit amplement pour éviter un rendez-vous chez le médecin ? Pour se soigner tout le monde doit y aller. C’est pour notre bien. On ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie.

Naïve, en tant qu’enfant, je croyais encore que tous les adultes avaient raison.

Avec eux, tout est normal et clair.

Avec moi : Aucune empathie, un manque de tact évident.

Je n’avais aucune idée de son professionnalisme, et mes parents lui faisaient confiance.

Un chaud/froid commençait à s’installer : il était d’une froideur incroyable avec moi, je ressortais souvent en pleurant, il me forçait à me brosser les dents devant mes parents à treize ans, acte banal du quotidien devenu insupportable pour moi, je me sentais humiliée. Mon appareil dentaire me faisait souvent mal, mais bizarrement je préférais le garder et éviter les RDV plutôt que d’y retourner. Bien entendu, j’étais le vilain petit canard quand je revenais. J’étais devenue capricieuse et le caliméro auprès de mes parents, ils ne comprenaient pas ma réaction. A vrai dire moi non plus. Après tout, il était tellement pro, souriant et clean devant eux. En aucun cas il n’a cherché à comprendre pourquoi j’étais dans cet évitement. Tout était de ma faute, et je n’avais qu’à en assumer les conséquences.

Alors, il a décidé de signer une décharge, deux ans après les soins alors qu’il n’étaient pas terminés. Je me souviendrai toute ma vie de cette phrase : «T’as raison, t’es tellement belle comme ça».

Résultat, mes parents persuadés de savoir à qui ils s’adressent, ont signé cette décharge. Je n’ai pas été transférée vers un autre orthodontiste. Un genre de Tu te débrouilles, et tu regretteras tes gestes pour le restant de ta vie.

J’ai énormément intériorisé : Tu as vu ce que tes parents ont fait pour toi, ils ont payé et te voilà en train de tout gâcher. 

Pendant des années, j’ai porté cette culpabilité. C’était de ma faute, uniquement la mienne. Je dois assumer mes responsabilités. Mais j’étais bien trop traumatisée pour aller voir un autre professionnel. J’avais peur qu’on me maltraite, qu’on me «charcute» et qu’on m’abandonne une fois de plus.

Alors j’ai nié. Je me suis davantage refermée sur moi-même, et j’ai fait comme si de rien était.

Je me suis dit que je ne méritais que ça.

On finit par s’habituer, c’est comme si on occultait une partie de soi-même.

C’est seulement il y a quelques mois que j’ai compris.

A cette période, les pages pro de Google n’existaient pas. Par curiosité, je me suis récemment renseignée sur ce qu’il devenait.

Il travaillait au même endroit.

Et là…

Que des avis négatifs.

Quand on porte une blouse blanche, on se doit d’être professionnel mais aussi Humain comme il se doit.

Médecine et empathie ça vous parle ?

«Je confirme tous avis négatifs sur ce pseudo médecin (désagréable, manque d’empathie, aucune explication sur les traitements, méprisant même !), Et la cerise sur gâteau : fermeture du cabinet du jour au lendemain sans prévenir ses patients : cet escroc est donc aller s’installer a ****(**), et n’exerce donc plus à ***** (**)!! Pour ma part le traitement n’a pas du tout fonctionné (j’ai donc perdu plus de 1200€), et donc du repartir de zéro ! Merci pour le temps et l’argent perdu! A bon entendeur !»

«J ai vu ce docteur en 2018 afin qu il me fasse une gouttière il me l a facturé 600 euros alors que je devais l ajuster toutes les 2 semaine selon un autre orthodontie un vrai charlatan aucun professionnalisme »

«Il a basculé à ***** dans le centre ****. Désagréable, ne vous laisse pas parler, méprisant bref A FUIR !!!!! (je confirme les précédent avis négatifs)»

«Aucune étoile si possible. Il ma fait un devis pour an traitement de 9 mois lequel c’est prolongée maintenant a 3 ans. Je ne comprend pas comment? Il n’explique rien si on pose de questions il réponds très mal.»

«Ma fille garde un très très mauvais souvenir de ce professionnel… Aucun tact, pas d’empathie et des manquements dans ces actes : genre fil trop long, pas coupé ce qui provoquait des blessures aux joues !
Je ne recommande pas !
Mauvais professionnel !»

«Sans commentaires …»

Je me réserve le droit de porter plainte, avec les autres victimes.

Voici des extraits d’articles qui résument très bien la situation. Ignorance ou abus de pouvoir ?

Le médecin méprisant ou insultant

S’il est un sentiment qui ne doit pas apparaître sur le visage ou dans les paroles d’un soignant, c’est le mépris. Comment peut-on prétendre soigner des personnes qu’on ne respecte pas ? Le médecin qui exprime son mépris ou son dédain à l’égard de n’importe quel aspect ou facette d’un(e) patient(e) est irrespectueux. Attention ! Je ne veux pas dire qu’un médecin doit nécessairement être vertueux au point de ne pas savoir ce qu’est le mépris : ce serait naïf et illusoire. Les psychosociologues ont montré que le mépris fait partie de nos mécanismes innés : nous jaugeons, nous évaluons les autres sans cesse. Cela nous permet non seulement de nous préserver des agresseurs, mais aussi de repérer les interlocuteurs/trices et partenaires les plus « fréquentables ». Cela étant, un soignant a pour mission de soigner tout le monde, sans laisser ses préjugés interférer avec ses soins. (…)

De plus, il s’agit d’une obligation déontologique…
Un médecin n’a pas à commenter votre vie privée, à faire des remarques désobligeantes sur vos activités, votre aspect physique, votre milieu socio-économique, vos origines ethniques, votre façon de vous exprimer, votre comportement avec vos enfants ou votre conjoint, etc. Et ce, d’autant qu’il ne vous voit que de manière ponctuelle et, le plus souvent, dans un moment difficile (je ne connais personne qui aille consulter un médecin pour le plaisir). Il doit vous prendre tel(le) que vous êtes au moment où vous sonnez à sa porte.
Par conséquent, lorsqu’un médecin est systématiquement hautain ou méprisant, a fortiori s’il est insultant, il manque à ses obligations.

Le mépris est le sentiment le plus répandu chez les médecins. Pourquoi ? Parce qu’ils sont (dé)formés pour se penser supérieurs aux personnes qu’ils soignent. Le mépris s’exprime souvent lorsque le patient formule une hypothèse personnelle sur son état. Dans ce cas-là, c’est une attitude liée au « savoir supposé » du médecin et à l’ignorance supposée du patient.

Les connaissances médicales sont très variables d’une personne à une autre. Leurs connaissances ne font pas des médecins des personnes supérieures. On peut sourire de certaines craintes, on n’a pas pour autant le droit de s’en moquer : l’inquiétude n’est pas risible, et on ne peut pas tout savoir. (Même les meilleurs médecins ont des connaissances limitées à leurs sphères d’intérêt.) Par conséquent, lorsqu’un(e) patient(e) exprime une opinion sur son état, il peut se tromper (et ce n’est pas toujours vrai) mais son erreur ne justifie pas le mépris du médecin. Elle doit seulement déclencher une explication… quand il y en a une (il n’y en a pas toujours) ou à défaut une hypothèse.

Certains médecins méprisants ne disent rien, ils se contentent d’ignorer ce que déclarent les patients, ou les questions qu’ils posent. C’est dans la manière dont ils ponctuent la consultation (en secouant la tête, en soupirant, en faisant la moue) ou la concluent (par une ordonnance sans commentaire, par exemple) que leur mépris s’exprime. Ils ont tort de penser que vous n’avez pas compris. Parfois un médecin méprisant peut carrément être insultant (en faisant des commentaires sur l’aspect, la personnalité, les origines, le statut social). Beaucoup de patient(e)s insulté(e)s sont sidéré(e) d’être traité(e)s ainsi et ne réagissent pas sur le champ. C’est normal. Ne vous en veuillez pas si vous n’avez pas su quoi dire : il ou elle vous a pris(e) par surprise. Vous étiez venu(e) vous faire soigner, pas pour vous faire « traiter ».

Lorsqu’un médecin s’est comporté de manière impolie ou insultante une fois, un jour qu’il vous paraissait mal luné, vous pouvez (pour cette fois) lui accorder le bénéfice du doute : c’est un être humain, il a le droit à un « Joker ». Mais lorsque le mépris, l’irrespect ou les comportements insultants sont répétés, ils sont inexcusables.

Que faire ?

S’il s’agit d’un mépris occasionnel, et si vous avez de l’estime pour lui/elle et pensez qu’il en a, habituellement, pour vous, écrivez-lui pour exprimer, posément, ce qu’il ou elle vous a fait subir, et décrivez précisément les gestes et les paroles qui vous ont semblé méprisants ou insultants. Invitez-le à réexaminer sérieusement son comportement. Demandez lui de vous répondre par écrit si vous n’avez pas d’occasion proche de le/la revoir. Si vous avez un nouveau rendez-vous dans peu de temps, proposez-lui d’en parler de vive voix. Un médecin qui n’a pas eu l’intention d’être méprisant ou insultant se confondra en excuses, oralement ou par écrit. Un médecin « naturellement » vous recevra avec un mépris renouvelé (dans ce cas, sortez sans un mot) ou vous écrira une lettre incendiaire (souvent, les médecins méprisants le sont encore plus par écrit). Si tel est le cas, envoyez les deux lettres (la vôtre, la sienne) à l’Ordre et à son syndicat professionnel.

(Source : Martin Winckler/Marc Zaffran – http://www.martinwinckler.com/spip.php?article1060)

Le médecin manipulateur (qui peut d’ailleurs aussi être pervers) est avant tout intéressé par la domination de ses patients. Pour ce faire, il ou elle alterne souvent la réassurance et la culpabilisation. Il/elle commence par rassurer le patient (« Vous avez bien fait de venir me voir… » puis s’assure de son obéissance : « … mais il va falloir suivre mes instructions à la lettre. » Il peut aussi procéder en commençant par faire peur (« Vous auriez vraiment dû consulter plus tôt… vous vous êtes mis vraiment dans une situation très très grave… » puis s’assure la reconnaissance de sa victime : « Il est très difficile d’arranger ça, mais si vous faites tout ce que je vous dis… »

En France, le médecin manipulateur use souvent d’un jargon « pseudo-freudien » pour dénigrer ou invalider les affirmation de ses patient(e)s : « Vous êtes dans le déni. » « Vous croyez que vous savez, mais vous vous voilez la face, moi je sais. » « Votre douleur/maladie/symptôme est d’origine psychologique et tant que vous ne m’aurez pas confié des éléments sur votre vie privée, je ne pourrai pas vous aider. » Autrement dit : il utilise ce que dit le patient pour le retourner contre lui. C’est à cela qu’on sait que quelque chose ne va pas : ce qu’on confie au médecin, il n’a jamais le droit de l’utiliser contre nous.

Et comme dans toutes les relations perverses, lorsque les patient(e)s refusent d’obtempérer à ses injonctions, le médecin manipulateur menace. « Si vous ne suivez pas mes instructions, je ne réponds plus de rien. »

D’un point de vue général, tout médecin qui pratique le chantage – « Je vous soignerai seulement si vous suivez mes instructions » – se comporte de manière contraire à l’éthique. Et il arrive bien sûr que des médecins phobiques (voir le 2e épisode) exercent un chantage, ou se mettent en colère, tant ils craignent de se voir reprocher de n’avoir pas « tout fait » pour soigner un patient. Le chantage peut aussi être le fait d’un médecin terroriste (voir le 4e épisode). Mais certains médecins terroristes sont de francs manipulateurs. C’est à l’alternance de bonnes paroles et de menaces implicites qu’on les reconnaît.

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